CYNTHIA AYRAL & HECTOR OLGUIN : 1350°C

Le projet 1350°C est né de la complicité d’Hector Olguin, plasticien/photographe franco-chilien et de Cynthia Ayral designer/scénographe française, dans une commune réflexion sur l’érotisme.

« Marcheurs de planètes », ils confrontent dans ce projet les cultures, associant références japonaise et européenne : la tradition du camée et celle des Shunga (estampes érotiques nippones de la période Edo, XVIIème - XIXème siècles).

Édité en trois exemplaires, 1350°C questionne le caractère insaisissable de l’érotisme, pensé comme construction intellectuelle : le parcours qui mène au désir.

Conçu comme un objet d’art, ce projet associe des techniques mixtes et se compose d’un écrin, contenant neuf photographies ovales imprimées sur porcelaine.

Le photographe Hector Olguin puise son inspiration dans l’univers des Shunga, et plus particulièrement dans les réinterprétations qu’en font à partir de 1945 les artistes pop au Japon.

Il se reconnaît dans l’exubérance des scènes représentées et dans la « folie des couleurs ».
Des écailles et des plumes chatoyantes habillent ses modèles, mi-poissons ou mi-oiseaux, les  transformant en personnages oniriques.

Ici, le désir se matérialise en un objet photographique : en bijou contemporain. S’appropriant la forme traditionnelle des camées, hors format, les photographies ovales s’affranchissent du contour. Le cerclage est abandonné au profit d’un sertissage à griffes en or rose qui libère le motif. La discrète présence d’une fibule invite à s’approprier cette image comme un bijou.

La porcelaine est choisie comme support des images pour sa sensualité et sa finesse et c’est à sa température de cuisson que ce projet doit son titre : 1350°C. Autrement dit, la température exacte à laquelle doit être portée la matière pour atteindre la translucidité indispensable à l’impression des photographies, avant qu’elles ne se vitrifient.

 

L’écrin contenant les photographies est conçu par Cynthia Ayral comme un voyage sensible qui mène à l’image. Imaginé comme une boîte à bijoux, cet objet n’informe ni sur ses origines, ni sur son contenu. Boîte à fantasmes ? Ecrin à désirs ?
En référence à la culture japonaise, il marque une volonté de ritualiser l’accès à cette collection précieuse d’images par une série de « dispositifs sensibles » : un couvercle magnétique signale le début du rituel.

Si à l’ouverture du coffret, le haut et le bas semblent symétriques, c’est qu’ils ont été conçus en miroirs : l’un présente une vue offerte sur les désirs, l’autre les protège comme des objets intimes et précieux.

À l’intérieur de la boîte, le masque en feutrine enveloppe les porcelaines dans un univers noir profond. Au niveau du couvercle, un masque identique maintient les tampons de pudeur.

Ces coussins de soie sauvage protègent les porcelaines et occultent l’empreinte laissée vide par le «désir envolé ». Ils assurent ainsi un rôle de protection tant symbolique que physique.

La disposition des images dans la boîte permet d’embrasser la série d’un seul regard. Un système de rétroéclairage ponctuel accentue l’effet fantomatique des images. Cet écrin met en lumière cette « force de vie » que symbolise le désir, tout en en  préservant le secret.

1350°C sera présenté lors de l'exposition Triptyque: la Vie, l'Amour, la Mort, du 14 octobre au 15 novembre 2017, dans le cadre du Parcours Bijoux.

Situé aux confluences des arts plastiques, des arts appliqués et des métiers d’Art, 1350°C est une symphonie jouée à 16 mains :

Hector Olguin
Cynthia Ayral
Béatrice Balivet : céramique - bijou contemporain
Mäelle De la Forge : designer - bijou contemporain
Kostia : ébénisterie d’art - écrin
Monsieur Antoine: ingénierie et éclairage -  écrin
Carole Rousseaux Godeffroy – design - édition
Florence Clec’h - Impression – édition + bijou contemporain