Pendant toute la durée de l’exposition « Sacrés Outils! », le blog de LA Joaillerie vous donne rendez-vous avec les artistes participant à l’exposition. Au travers d’un portrait-outil, découvrez leur vision de l’outil, leur façon de voir leur métier et le travail de la main.
Alors qu’elle est architecte et souffre de la frustration de ne pouvoir concrétiser ses projections pleinement dans son travail, Maria Diez Serrat se tourne vers le design de bijou. Là elle découvre que ses mains parlent pour elle, qu’elles ont le pouvoir de matérialiser instantanément ses pensées. Sa démarche se caractérise par une recherche d’équilibre, tant sur le plan personnel qu’artistique. Ses œuvres, d’une grande générosité, reflètent ce besoin d’harmonie dans l’alliance des contraires : chaos et ordre, lumière et obscurité, abstraction et figuration.
Elle est membre du collectif Quars d’una depuis 2012.
– Si vous étiez un outil ?
Ce qui est certain c’est que je ne serais pas un outil de mesure, parce que je ne suis pas une perfectionniste. Je m’identifie au marteau pour sa capacité à transformer le métal très rapidement.
Souvent, j’agis impulsivement et je tiens à prendre des décisions rapides.
– Si vous étiez un geste ?
Je serais un geste fait rapidement et un peu sous l’emprise de l’inconscient.
– Quel est votre premier ou le plus significatif de vos souvenirs liés aux outils ?
Mon premier souvenir d’outil est lié aux ciseaux. Des ciseaux coupant en zigzag. Je me souviens avoir fabriqué des napperons en papier décorés avec différents types de coupes.
– Quel est votre outil préféré et pourquoi ?
Esthétiquement, je suis fascinée par le rythme. Et les ciseaux me transmettent cela. De plus, ils ressemblent à une petite personne pourvue de longues jambes qui s’ouvrent et se ferment. On peut rapidement créer des formes infinies à l’aide de ciseaux.
– Pourquoi avoir choisi de travailler avec vos mains ? Qu’est-ce-que cela vous apporte ?
Je pense que créer avec mes mains (et ma tête) me permet de me surprendre pendant le processus créatif. Si on ne créé qu’avec sa tête, les idées n’apportent que rationalité laissant de côté la surprise. Tout devient prévisible. En transformant les choses, je les comprends, et j’en appréhende le sens.
– Comment considérez-vous l’importance croissante des technologies et des machines (modélisation, laser, etc) et la disparition des savoir-faire anciens ? En quoi cela affecte-t-il votre pratique ou étend-il vos possibilités ?
Je pense positivement à l’existence des nouvelles technologies, elles nous permettent d’économiser du temps dans certains processus créatifs. Mais les objets fabriqués manuellement transmettent l’émotion unique du moment. Nous ne devons pas prendre le risque de perdre les techniques artisanales, car elles véhiculent la sagesse de siècles d’expérience et nous permettent de donner libre cours notre côté intuitif.
