Pendant toute la durée de l’exposition « Sacrés Outils! », le blog de LA Joaillerie vous donne rendez-vous avec les artistes participant à l’exposition. Au travers d’un portrait-outil, découvrez leur vision de l’outil, leur façon de voir leur métier et le travail de la main.

Étudiante en philosophie, Sandra Llusà a choisi de changer d’orientation, à la recherche de quelque chose qui la rendrait heureuse. Diplômée en sculpture et design de bijou, elle a trouvé dans ces deux disciplines un moyen de faire converger ses pensées et ses sentiments pour mieux les partager. Elle aime à souligner la subtilité des mots et observe des choses que les gens ne voient pas. Elle les protège, les enrichit, les admire, comme toutes ces petites choses qui donnent vie. Ses œuvres capturent l’essence de l’infinie délicatesse des choses.
– Si vous étiez un outil ?
Si j’étais un outil, je serais les pinces. Je serais les délicates pinces qui se transforment en une précise prolongation de mes doigts. Les pinces passent inaperçues la plupart du temps, il s’agit d’un outil silencieux, discret et indispensable.
– Si vous étiez un geste ?
Je serais le geste d’enlever les légères bavures du métal avec une lime toute petite et fine.
– Quel est votre premier ou le plus significatif de vos souvenirs liés aux outils ?
Mon premier souvenir d’outil est la perforeuse. Une en plastique, avec un seul trou, verte et rose.
– Quel est votre outil préféré et pourquoi ?
Mon outil préféré est la scie. J’aime bien la scie non seulement à cause de sa forme mais aussi de l’action de scier. Il y a ce moment précis où la personne, l’action et l’objet se rencontrent et l’action de scier devient fluide, et facile. C’est un moment magique où la scie semble avancer toute seule.
– Pourquoi avoir choisi de travailler avec vos mains ? Qu’est-ce que cela vous apporte ?
J’ai choisi de travailler avec mes mains parce que c’est la façon dont je pense et comprends les choses.
Quand je me laisse emporter par mes mains, la tête n’intervient pas, c’est l’intuition qui prend place. Ensuite, il est nécessaire d’utiliser sa tête pour guider le travail réalisé par les mains. Elles s’imbriquent pendant tout le procès de création. J’ai l’impression que le temps ne passe pas quand les mains agissent, et cela me rend heureuse. Pouvoir travailler avec cette sensation est un luxe.
– Comment considérez-vous l’importance croissante des technologies et des machines (modélisation, laser, etc) et la disparition des savoir-faire anciens ? En quoi cela affecte-t-il votre pratique ou étend vos possibilités ?
L’évolution des technologies est une grande avancée, il faut juste savoir pourquoi et comment les utiliser. Je pense que le savoir faire et les technologies sont compatibles, il faut trouver un équilibre.